Pour préparer une prise de décision, il est commun de débattre sur l’opportunité d’utiliser des analyses basées sur les indicateurs de performance (tendance des ventes, pertes, marge, pénétration de marché, …) issus de systèmes industriels de collecte et d’analyse de données plutôt que d’utiliser des indicateurs ad-hoc permettant d’étudier les réponses potentielles aux évènements futurs et incertains (qui ne peuvent pas s’appuyer sur des collectes et des schémas d’analyses préétablis).
Ces modes de réflexion ne sont en fait ni antagonistes ni complémentaires. Ils adressent des sujets d’analyse différents pour des prises de décisions différentes.
Les premières sont issues d’années d’expérience sur des sujets matures dans la plupart des entreprises. Elles sont basées sur de la collecte, de l’enrichissement éventuel de données puis sur des algorithmes plus ou moins complexes.
Les deuxièmes relèvent du domaine de l’expérimentation car adressent des sujets, ou plutôt des évènements, nouveaux comportant une date de maturité aléatoire.
Exemple : la riposte d’opérateurs mobile pour « contrer » Free
Les premières sont basées sur l’analyse « rétroviseur » : que s’est il passé (combien ai-je vendu, à qui, …, et quelques fois : pourquoi cela s’est il passé (mon plan d’action a permis une réussite, un échec, …), sur des volumétries de données structurées et sur des périodes figées (semaines, mois, évènement prévu tel que la fête des mères).
Les deuxièmes sont basées sur l’analyse réactive (incident, offre concurrente imprévue, …), sur des volumétries de données non structurées / incomplètes et sur des périodes imposées par l’ évènement.
Le sentiment d’impuissance dans la pratique de la veille provient principalement de ce que celle-ci est le plus souvent structurée par rapport aux signaux forts, beaucoup moins en regard de signaux faibles.
Et lorsque les signaux n’ont pas été détectés, ce n’est pas par manque d’effort veille, mais par manque de capture de signaux difficiles à modéliser et donc à identifier. C’est ainsi.
Face à cette impuissance, il est nécessaire d’être agile en réaction et donc d’être très structuré.
Peut-être faut-il se préparer en méditant quelques citations de nos anciens :
Bien que l’analyse y soit très parcellaire et spécialisée, je vous propose également de glaner quelques idées ici : http://business-analytics-info.fr/archives/2331/dossier-grande-distribution-3-questions-a-frank-rosenthal/« Apprendre est une expérience. Tout le reste est de l’information. » Albert Einstein
« L’expérience, ce n’est pas ce qui vous arrive, c’est ce que vous faites avec ce qui vous arrive. » Aldous Huxley
« L’avenir appartient à ceux qui s’y préparent. » Ralph Waldo Emerson
En guise de conclusion : « La réactivité d’une organisation s’exprime plus dans sa capacité opérationnelle à analyser efficacement des éléments nouveaux que dans une aptitude surfacique à agir … rapidement, mais sans pertinence »
Daniel Artal


